Danger d'exploitation sexuelle de réfugiés au Libéria

Mar 30, 2011

Le nombre de réfugiés pourrait atteindre les 500 000 d'ici le mois de juin.

 
Monrovia, Libéria (30 mars 2011) CARE est sérieusement  préoccupé par les risques de violence et d'exploitation sexuelles parmi les réfugiés ivoiriens qui arrivent au Libéria. La prévention doit faire partie des premières interventions d'urgence. 
 
Le récent afflux massif de réfugiés ivoiriens au Libéria, dont beaucoup sont des femmes seules avec leurs enfants, soulève des préoccupations au sujet de leur vulnérabilité à la violence sexuelle. Le nombre de réfugiés en déplacement a fait un bond depuis la fin du mois de février, ce qui augmente le besoin de mesures de prévention et d'actions à prendre contre la violence sexuelle. Dans ce contexte, CARE réclame une attention et un financement accrus dans le cadre des interventions d'urgence.
 
À l'heure actuelle, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) estime que près de 90 000 réfugiés sont arrivés au Libéria depuis la Côte d'Ivoire. Cependant, ce nombre pourrait passer de 250 000 à 500 000 d'ici la fin du mois de juin. La majorité des réfugiés répertoriés sont des femmes et des enfants.  CARE faisait partie des premiers organismes à intervenir face à cette crise, fournissant des secours d'urgence tels que des trousses d'hygiène à 9 000 réfugiés. Soixante-dix pour cent de cette aide ont été octroyés à des ménages dirigés par une femme. 
 
Dans le chaos caractérisant toute situation d'urgence, les femmes se retrouvent particulièrement vulnérables à la violence et à l'exploitation sexuelles. Le fait que 62 cas de violence sexuelle, avec la moitié qui concerne des enfants, aient été signalés par l'UNICEF avant même l'exode massif des réfugiés en mars, contribue à nourrir le soupçon que la violence sexuelle est maintenant largement répandue. La plupart des cas ne sont pas rapportés. »
 
« Il y a une prise de conscience croissante de la part de la communauté internationale à l'effet qu'il faille mettre en place des mesures pour prévenir et répondre à la violence sexuelle. Mais nous devons rappeler que ces initiatives doivent être menées dès les premières interventions d'urgence. Les risques de violence et l'exploitation sexuelles doivent être pris en compte dans toutes les interventions d'urgence », affirme le directeur de CARE Libéria, Charles Hubert. 
 
En se basant sur les directives du Comité permanent interorganisations relatives à la distinction des sexes, CARE travaille activement à promouvoir de meilleurs moyens de prévention et d'intervention en cas de violence sexuelle. Par exemple, il est important de s'assurer que les distributions soient effectuées tôt dans la journée, afin que les femmes aient le temps de retourner dans leur abri avant la nuit. Toutes les installations sanitaires doivent être bien éclairées. D'autres mesures nécessaires pour prévenir et intervenir en cas de violences sexuelles incluent notamment :
  • Former des bénévoles issus de la collectivité afin qu'ils puissent effectuer la prévention et fournir des informations aux victimes sur la façon d'obtenir de l'aide 
  • Consulter les femmes et les hommes au sujet de l'emplacement des installations essentielles, comme les pompes à eau et les toilettes. 
  • Améliorer l'approche du « premier arrivé, premier servi » lors de l'enregistrement pour prendre en compte des critères permettant de donner la priorité aux personnes plus vulnérables telles que les enfants non accompagnés, les femmes enceintes et les familles monoparentales. 
  • Placer des affiches dans des endroits stratégiques avec des messages simples et courts sur l'aide que les victimes de violence sexuelle peuvent obtenir auprès des services de santé et des services psychosociaux. 
  • Les organismes d'enregistrement doivent s'assurer que les données sur les réfugiés sont suffisamment détaillées et adéquatement ventilées en fonction du sexe et de l'âge, afin que, si possible, des mesures appropriées puissent être prises.
  • Discuter avec les communautés hôtes sur la façon de traiter les besoins précis des femmes et de minimiser le risque d'exploitation sexuelle en échange de nourriture, d'eau potable, etc. Des représentantes des femmes des communautés d'accueil et de réfugiés doivent être identifiées. 
  • S'assurer que le personnel des organismes d'aide soit correctement formé sur toutes ces questions et que les organismes respectent leur politique de tolérance zéro contre l'exploitation et les agressions sexuelles.
Relations avec les médias : 
Marie-Eve Bertrand, Directrice des communications, CARE Canada, Tel. 514-458-0057, marie-eve.bertrand@care.ca
 
 
À propos de CARE : Fondée en 1945, CARE est l’une des plus importantes agences d’aide humanitaire au monde. Travaillant côte à côte avec les communautés pauvres dans 70 pays, CARE aide les gens à aller à l'encontre des plus grandes menaces qui pèsent sur leur survie. Les femmes sont au cœur des efforts de CARE pour améliorer la santé, l'éducation et le développement économique, car l'expérience montre que les réalisations d'une femme améliorent significativement les conditions de toute sa famille. CARE est également engagé à fournir une aide humanitaire en période de crise, et à aider, par la suite, à reconstruire des communautés fortes et sécuritaires. La programmation de CARE Libéria est axée sur la sécurité alimentaire et celle du revenu, avec des projets complémentaires en matière de renforcement de l'autonomie économique des femmes, l'accès à l'eau, l'assainissement et l'agriculture durable. CARE dispose d'un effectif total de 40 personnes à Monrovia et Gbarnga, dans le comté de Bong.

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